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Braconnage

Ceci est la deuxième nouvelle prenant place dans l'univers de dying sun. nous sommes ici dans son futur (donc SPOILER ALERT!!!). Je l'ai écrit pour un concourt de nouvelle, avec une limite de mots, donc peut-être que je la réécrirais un jour.
Non, je n'ai pas été sélectionner pour le concourt.

Le ciel rougeoyait avec une précision d’horlogerie atomique. Précision horaire : toujours à la même heure, au millième de seconde près, peut-être moins. Précision visuelle : Jamais une variation, ni de couleur, ni de luminosité, ni même atmosphérique. Le ciel artificiel de Svartalfheim n’admettait aucune imperfection. C’était le même coucher de soleil depuis que ce monde existait, et il en serait ainsi jusqu’à sa destruction.

Je n’avais jamais quitté Svartalfheim, avant ce jour là. Nous étions quatre : Kim Johanson, le chef de l’expédition, Eric N’Guyen, Carmen Rodriges et moi. Les trois autres étaient des braconniers expérimentés. C’était une activité douteuse, mais qui payait bien. A Svartalfheim, c’est une chance de se sortir de la misère. Ce n’était pas suffisant pour aller vivre sur un étage supérieur. On ne pouvait pas gagner sa vie de cette façon à Midgard. Là-bas, on était juste assez riche pour avoir des états d’âme. Là-bas, il y avait des plantes, disait-on. Des arbres au milieu des trottoirs, des parterres de fleurs au milieu des routes… On parlait même de gens qui auraient des plantes chez eux, dans des pots. Il y avait également des animaux. Pas seulement des insectes : des chats, des chiens… des poissons. Depuis longtemps je voulais voir des poissons. En vrai, pas en image. C’était idiot. Ça ne m’apporterait probablement rien, mais j’en avais envie. Je voulais voir des oiseaux aussi. Certaines rumeurs parlaient d’oiseaux à Midgard. Bien sûr, et pourquoi pas des dinosaures ?

“Sanders, arrête de rêvasser!”

La voix rauque de Johanson me tira de mes pensées.

“Si tu veux faire partie du groupe, t’as intérêt à bien écouter. Là-haut, ce sera dangereux. Je ne serai pas responsable s’il t’arrive quoi que ce soit, compris ?
— Oui, madame.
— Très bien, fit Johanson avec un sourire satisfait. Bon résumons : La commande vient d’une célébrité vivant sur Álfheim.”

Elle laissa le temps à tout le monde de bien intégrer l’information. Álfheim était deux niveaux au-dessus de Midgard. Sur l’Yggdrasil, ça signifiait beaucoup, beaucoup plus riche. Les rumeurs sur Álfheim étaient peu nombreuses, car celles sur Jötunheim, juste au dessus de Midgard, étaient déjà délirantes.

Johanson reprit :

“Cette personne veut un tigre. Nous allons lui chercher un tigreau en Asgard. Je veux que tout se passe le plus discrètement possible. Les fusils ne sont à utiliser qu’en dernier recours.”

Tout le monde acquiesça. Johanson n’aurait jamais accepté un excité de la gachette. Pas par éthique, simplement parce qu’un coup de feu était le plus sûr moyen de se faire repérer et arrêter par les gardes d’Asgard. Et ils avaient tendance à brutaliser les gens qui blessaient les animaux.

Je me repris à rêver. Asgard, l’étage des réserves. Des milliers de kilomètres carrés de nature reproduite, peuplée de créatures légendaires ! Je me forçai à revenir au briefing. Je ne voulais en aucun cas me faire éliminer bêtement de la mission.

“... l'ascenseur nous mènera au centre d’une zone de jungle, sur des sentiers d’entretien. Nous repartirons par le même chemin. Dans le cas où cette retraite serait coupée, vous avez sur vos ordinateurs personnels la carte d’Asgard et les points de sortie. Sanders, j’espère que tu as bien révisé le code des gardes!
— Je le connais sur le bout des doigts! répondis-je, avec une pointe de fierté.
— Très bien, alors allons-y!”

L'ascension fut beaucoup moins longue que ce à quoi je m’attendais. Enfin… c’était ce que je constatai en vérifiant l’heure sur mon interface visuelle. Ce trajet m’avait semblé durer une éternité. Nous avions pris l'ascenseur public, direct vers Asgard.

Dans les premiers temps, après le départ de la Terre du vaisseau Yggdrasil, tous ses habitants visitaient les réserves régulièrement. Pour se souvenir, pour échapper au cloisonnement de leurs quotidiens et à leurs cieux désespérément bas, ou simplement pour découvrir des milieux inconnus. À l’époque, les étages étaient égaux, mais la différence de gravité entre les niveaux avait fait monter le prix des logements dans les plus hauts. Petit à petit, une hiérarchie sociale s’était accentuée. Un étrange effet de centrifugeuse avait fait s’entasser les populations vers le bas, et l’argent vers le haut.

Asgard n’avait pas subi ce changement de la même façon: c’était un endroit dangereux, où mieux valait venir préparé. La faune et la flore étaient à l’état sauvage, et les prédateurs nombreux. En temps normal, un touriste aurait eu accès à une “bulle” empêchant les animaux de s’intéresser à lui, et fournissant une protection contre toutes sortes de dangers. Elles empêchaient également les visiteurs de s’en prendre à la faune locale. Malheureusement, elles ne pouvaient rien pour protéger la flore, et ne ramassait pas les déchets à la place de leurs utilisateurs. Un des effets de la hiérarchisation du vaisseau fut que les pauvres d’en bas ne purent rapidement plus se permettre de louer une bulle, et que les riches d’en haut se désintéressèrent d’Asgard, maintenant qu’ils avaient assez de place chez eux. Quelques uns montaient encore, mais ils étaient peu nombreux et généralement soucieux de l’environnement.

Lorsque la cabine ralentit enfin, je sentis mon excitation monter de plusieurs crans. Je tentai avec peu de succès de contrôler mon impatience. Johanson commença à donner des ordres :

“Éric, tu pars devant en reconnaissance. Carmen, tu ouvres la voie. Je fermerai la marche.”

Je fis un petit bond en m'exécutant, n’ayant pas fait attention au changement de pesanteur. Tandis que la porte s’ouvrait, nous découvrions la jungle, verte, luxuriante. La chaleur moite me prit par surprise. C’était étouffant. Des odeurs de terre mouillée et de plantes m’assaillirent. C’était fort, entêtant. Je n’avais jamais senti un tel bouquet. Je perçus des dizaines de bruits inconnus, et j’étais soudain très conscient de ne pas avoir de bulle. Un frisson d’angoisse courut le long de ma colonne vertébrale. Puis je me souvins de ce que j'étudiais, depuis plusieurs mois : je connaissais chaque son, chaque senteur, j’avais vu chaque plante, chaque animal même, grâce à mes logiciels en réalité virtuelle. Mais c’était la première fois que je faisais l’expérience de cette jungle, entière, réelle.

Avant que je reprenne mes esprits, Éric avait disparu, et Johanson me poussa dans le dos :

“On est pas là pour faire du tourisme! On bouge, dépêche-toi!
— Il y a quelque chose de bizarre avec ces plantes, dis-je en emboîtant le pas de Carmen. Elles m’ont l’air beaucoup trop grandes !
— C’est à cause de la gravité plus faible d’Asgard, répondit Carmen. Tes simulations datent d’avant le départ, probablement. Ici, les végétaux ont moins de mal à acheminer de la sève vers le haut, elles en profitent donc autant que possible.
— Ah.
— Ce n’est pas le seul changement. Mais je préfère te laisser la surprise.” conclut-elle en souriant.

L’angoisse de l’inconnu revint doucement. Pour m’occuper l’esprit, autant que pour me tester je suppose, Carmen me posait régulièrement des questions sur ce que nous voyions. Nous marchions dans une forêt de tecks parsemée de banians. Nous croisions également des gibbons, qui nous observaient du haut de leurs branches, plus fins et longs que je ne m’y attendais, un rhinocéros à la carapace plus épaisse que dans mes souvenirs, et un porc-épic étrangement semblable à ceux des simulations, à part qu’il escaladait un tronc d’arbre.

Nous marchions depuis deux heures et demie, d’après mon interface, quand Éric revint vers nous :

“J’ai trouvé des traces de griffes sur les troncs, un peu plus loin. Nous allons entrer sur le territoire d’un tigre.
— Excellent, dit Johanson. Avec un peu de chance, nous auront bientôt ce que nous sommes venu chercher. Maintenant, silence. Sanders, si tu fais trop de bruit, je te renvoie à l’ascenseur, compris ?”

Je hochai la tête doucement, en pinçant les lèvres.

“Parfait.
— Par contre la zone est balisée”, intervint Éric.

Johanson regarda Éric, d’un air contrarié. Puis elle interrogea ses deux collègues du regard. Elle ne prit pas la peine de consulter le mien. Johanson avait pris sa décision :

“Tant pis, allons voir. Sanders est là pour ça, après tout.”

J’allais donc avoir une occasion de servir à quelque chose, ce qui me réjouit. Pour parcourir Asgard, je devais intégrer ce groupe. C’était encore loin d’être acquis.

Il nous fallut une demi-heure de marche en silence pour atteindre la balise. Demi-heure qui me parut plus longue que le reste de la marche. La tension était palpable tandis que nous avancions le plus discrètement possible. Carmen surveillait un côté tandis que je surveillais l’autre. Johanson marchait quasiment à reculons. Nous arrivâmes finalement sans encombre devant un arbre portant la balise. Je n'eus aucun mal à la déchiffrer :

“C’est une tigresse. Elle a mis bas il y a un mois, chuchotai-je. Les gardes sont priés de ne pas entrer dans la zone tant que les tigreaux ne peuvent chasser seuls.”

Je me tournai vers Johanson :

“On devrait les laisser tranquille. Il ne sont pas encore sevrés.”

Elle secoua la tête.

“Pas question de rester ici plus longtemps que nécessaire. Tu me dis que les gardiens ne viendront pas nous chercher sur le territoire du tigre, c’est parfait. Et le bestiau sera plus facile à attraper et à transporter. On y va !”

Je ne dis rien, et repris ma place dans le groupe en silence. Comme c’était ce qu’on attendait de moi, personne ne remarqua mon air furieux. J’essayai de me convaincre que mon mutisme était stratégique : Si je protestais trop, on me renverrait vers l'ascenseur, potentiellement sous escorte. Peine perdue.

Nous suivions la piste de la tigresse depuis plusieurs autres heures, quand le soleil artificiel d’Asgard commença à disparaître sur l’horizon proue, tandis que la lune se levait à la poupe. J’étais encore en train de ruminer ma couardise, tout en luttant contre la fatigue. Je faillis me heurter à Carmen qui s’était arrêtée. Je levai la tête : Éric aussi s’était stoppé. Tous deux regardaient dans la même direction.

Éric gesticula quelques signes de main en direction de Johanson :

“Deux Tigreaux. Mère Absente. Partie Chasser. Peut être.
— Ok. Contourne les. Carmen à droite. Sanders à gauche. A mon signal.”

Nous prîmes nos positions, moi y compris. Je ne savais pas quoi faire d’autre, et je n’arrivais pas à réfléchir. Johanson donna le signal. Nous nous rapprochâmes ensemble de notre proie. Tout d’un coup, l’un des tigreaux dressa la tête, aussitôt imité par le second. Pendant quelques secondes qui s’étirèrent, personne n’osa bouger, et nous restâmes figés comme dans un panorama 3D. Puis les deux petits détalèrent, en direction d’Éric, qui réussit à en attraper un au passage. Le second disparut dans la végétation.

Notre prise se débattit, cherchant à mordre et à griffer, mais Éric l’attrapa rapidement par la peau du cou et le força à s’immobiliser, tandis que Carmen s’approchait déjà un sédatif à la main. Dans quelques minutes, nous pourrions repartir, et tout se serait bien passé. Mais non, Johanson avait été trop hâtive. Elle n’aimait pas être ici. Elle voulait juste de l’argent rapidement gagné, même si ça impliquait du danger. La possibilité de finir la mission en moins de deux jours lui avait fait prendre un risque stupide, et Éric et Carmen étaient coupable de la même avidité, puisqu’ils l’avaient laissée faire, malgré l’expérience. Je ne pus retenir un cri lorsque je vis la mère derrière Éric. Johanson réagit à une telle vitesse que je n’eûs pu déterminer si c’était moi qui l’avais alertée ou si elle avait repéré le fauve en même temps que moi. Elle épaula son fusil et tira :

“Bordel de Dieu!”

La bête s'écroula par terre avant d’avoir pu bondir. Éric avait lâché le tigreau sous la surprise, ce qui fit cracher un nouveau juron à Johanson.

“Merde!”

Éric, Carmen et moi étions sous le choc. Dans ma tête se disputaient la culpabilité d’avoir permis ce crime et l’image d’Éric déchiqueté à mort. Johanson aboyait :

“Allez, on bouge ! Il faut mettre le plus de distance possible entre nous et ce coup de feu ! Les gardes ne s’arrêteront plus aux balises maintenant ! Allez, debout ! On doit atteindre le prochain ascenseur, à trente kilomètres en direction rétrograde !”

Le groupe prit beaucoup moins de précautions pour fuir. Nous avancions le plus vite que nous pouvions, et sans l’expérience et l'entraînement des autres, je me laissai distancer. La gravité plus faible d’Asgard qui ne m’avait pas posé de problème tant que nous marchions, me fit trébucher alors que je tentais de courir. je perdis rapidement les autres de vue, puis je ne les entendis plus. Je tentai de suivre leur piste, mais il me parut bientôt évident que je l’avais perdu. Je finis par m’arrêter, à bout de souffle. En proie au doute et au découragement, je restai planté au milieu de nulle part. Mon esprit tentait de résoudre deux problèmes à la fois. Comment retrouver les autres ? Comment avais-je pu être complice d’un tel drame ? Ils ne me chercheraient pas, ils avaient trop peur de la jungle et des gardiens. Mais c’était ma seule chance de survivre à cet endroit.

La carte ! J’avais une carte, et je savais quelle était ma destination ! Mais voulais-je seulement les retrouver ? Il y avait d’autres sorties. Arriverais-je à en atteindre une ? Est-ce que je voulais retourner en bas ?

Dans ma confusion, je grimpai à un banian dans l’espoir d’y voir plus clair. Malgré la fatigue, l’adrénaline et la faible pesanteur me permirent d’escalader l’arbre géant. Qu’était-il advenu de la tigresse? Dans l’action et l’obscurité, je n’avais pas vu où elle avait été atteinte. Je me souvenais de l’odeur de la poudre et du sang et mes oreilles sifflaient toujours. J’espérais que les gardiens pourraient faire quelque chose, mais la culpabilité me serrait l’estomac. La culpabilité d’avoir peut-être été à l’origine de la mort du fauve, mais aussi de me sentir coupable d’avoir sauvé Éric.

Je ressassais tout ça, quand je perçai le toit de la forêt. À cet instant, je ne pensai plus à rien. La douce lumière de la lune éclairait l’intérieur cylindrique d’Asgard. Je pouvais voir toute la jungle, partout autour de moi, y compris au dessus. Je savais quelle était la forme de mon monde, mais c’était la première fois que je pouvais le voir de mes yeux. Tentant de comprendre le spectacle qui s’offrait à moi, j’oubliai mes doutes et mes peurs. Puis l’épuisement eut finalement raison de moi, et je finis par m’endormir.

Le lendemain, j’étais finalement arrivé sans encombre à l’ascenseur. La nuit et la fortune m’avaient aidé a mettre de l’ordre dans mes pensées. Une vie routinière sans avenir à Svartalfheim, rythmée par la précision mécanique de son soleil, avec quelques rare insectes et moisissures en guise de faune et flore, je ne pouvais plus l’envisager. J’attendis donc Johanson, Éric et Carmen, espérant avoir réussi à les prendre de vitesse.

Mon attente fut assez courte. Moins de vingt minutes après moi, Johanson et Éric apparurent, moins pressés et plus méfiants que quand ils avaient disparu.

“Sanders ! Je ne pensais pas te voir ici ! Tu es plus capable que je ne le pensais...”

La méfiance était palpable. Elle ne comprenait pas comment j’avais pu les devancer, ou peut-être juste comment j’avais survécu pendant la nuit. Je ne la blâmai pas.

“J’ai pris un raccourci, et… J’ai eu beaucoup de chance. Où est Carmen?”

Le visage d’Éric s’assombrit, mais celui de Johanson resta de marbre quand elle répondit :

“Elle est restée en arrière. Elle s’est fait mordre par un serpent. Avec un peu de chance, les gardiens la trouveront et la soigneront.
— Vous l’avez abandonnée, elle aussi.”

Ce n’était pas une question. Je savais que Johanson était pragmatique. Et elle n’avait pas hésité à mon sujet cette nuit. Les autres non plus, d’ailleurs.

“Nous ne pouvions rien faire pour sa morsure. Nous ne pouvions pas non plus la transporter, elle nous aurait ralentis.”

Elle parlait sur le ton de la conversation. J’étais persuadé que ma réapparition l’avait plus troublée que le sort de leur camarade.

“Vous l’avez achevée ?
— Bien sûr que non ! Je lui ai laissé mon fusil. Elle devait tirer en l’air pour attirer les gardiens.
— Je n’ai entendu aucun coup de feu.
— Non.”

Je la regardai dans les yeux, sans répliquer. Elle reprit :

“On discutera de tout ça plus tard. Pour le moment, il faut qu’on se tire d’ici.”

Je les laissai passer à côté de moi sans bouger, les suivant simplement de la tête. Leur hâte trahissait leur malaise d’être dans cet environnement, d’être poursuivis. Pour ma part, je n’avais aucune envie de retrouver Svartalfheim. J’entendis Johanson s’énerver sur la commande de l’ascenseur.

“Bordel mais qu’est ce qu’il se passe ? Ça ne répond pas !
— Il est désactivé, répondis-je sur le ton de la conversation. Les gardiens l’ont bloqué pour vous empêcher de fuir.”

La stupéfaction se lut dans le visage d’Éric, la haine dans celui de Johanson.

“Vous ? cracha-t-elle. Tu nous as trahis !”

Sans une hésitation, elle leva son fusil et me tira dessus. Le bouclier de ma bulle nouvellement acquise me sauva, mais le choc me fit tomber en arrière, tandis que Johanson partait en courant. Elle fut arrêtée aussitôt par un gardien qui, laissant tomber son camouflage, lui fit lâcher son arme et la maîtrisa en un mouvement. Éric jeta son arme à terre et leva les mains en signe de reddition.

“Tu as sauvé ta peau en vendant la nôtre ! m’accusa Johanson.
— Non, j’ai refusé ce marché. Je purgerai ma peine comme vous.
— Alors pourquoi?”

Le gardien qui la maîtrisait répondit à ma place :

“Pour entrer dans la garde d’Asgard. Pour protéger cet endroit des gens comme vous, et protéger les gens comme vous de cet endroit.”