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Les ennuies commencent

Cours d'histoire

C'était une journée de cours ordinaire : l'amphi n'était pas trop bruyant et les élèves pour la plupart attentifs. Le cours du jour portait sur une période antérieure au premier cataclysme qui bouleversa le destin de l'humanité : le réchauffement climatique. Période extrêmement difficile pour les historiens.

D'abord, l'évolution des sociétés et des technologie durant les derniers siècles avant le cataclysme était fertile en anachronisme. Par comparaison, les périodes entre les cataclysmes suivants semblaient étrangement figées dans une sorte de moyen-âge. Ensuite, les différents cataclysmes survenus depuis durant les millénaires qui ont suivi n'ont pas aidés à la conservation des traces archéologiques.

La terre avait connu quatre catastrophes majeures depuis l'avènement de l'être humain, et ce que Nami en avait conclu, c'était que l'homme avait fait preuve d'un incroyable instinct de survie, couplé à une imagination peu commune pour se tirer d'affaire. Et de son point de vue, c'était plutôt une bonne nouvelle : Cette fois, c'était le système solaire entier qui allait subir un cataclysme, et il ne s'en remettrait pas.

C'était une bonne chose que l'homme ne soit pas responsable ce coup-ci : Les opposants au projet Arche était déjà étonnement nombreux. La plupart étaient contre pour de simples raisons économiques. Cela, Nami pouvait comprendre : Le projet était coûteux et les intérêts à court terme étaient plus que discutables.

Mais quelques groupes étaient plus inquiétants : De soi-disant écologistes sidéraux qui considéraient que l'homme avait fait suffisamment de dégâts dans le système solaire, et qu'il était hors de question de laisser cette engeance se répandre plus dans l'univers. Un non-sens absolu ! L'homme avait apporté la vie sur deux planètes et colonisé des rochers inhabités. Le bilan était plutôt positif.

Soudain, le tableau noir derrière elle se mit à clignoter, puis fut remplacé par un vieil écran de cinéma pré-cataclysmique. Les lumières s'éteignirent et un projecteur qui n'existait pas un instant plus tôt s'alluma. Sur l'écran, un géant vert prit la parole :

« Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, l'heure est grave : Alors que l'espèce humaine allait enfin recevoir son juste châtiment pour toutes ces années où elle a ravagé le système solaire, ce système qui leur a pourtant donné le jour, elle tente à présent de s'enfuir, comme des rats affolés, menaçant la galaxie toute entière ! Nous, « Les gardiens de Vescaf », utiliserons tous les moyens nécessaires pour empêcher ce désastre. Le cours est terminé! »

Le projecteur disparut en s'éteignant, tandis que deux poursuites éclairèrent une énorme bombe qui venait d'apparaître sur la scène qui avait désormais remplacé l'estrade, un compte à rebours bien visible depuis le public. Il y eu une explosion, puis le noir, et une douleur intense au niveau des tempes.

Nami eu besoin de cinq bonnes minutes pour reprendre possession de ses cinq sens, et bien plus ensuite pour retrouver ses esprits. Elle se dit après coup que la sensation n'aurait pas été désagréable si il n'y avait pas eu cette foutue migraine.

C'était complètement dingue : quelqu'un avait piraté le serveur de son organisme scolaire pour faire cette annonce et faire exploser une bombe virtuelle. Toute virtuelle qu'était cette bombe, elle avait dû salement endommager le serveur si cette migraine était une indication. Le GCN était normalement protégé contre les effets indésirables d'une déconnection sauvage.

Un violent spasme de douleur l'arrêta dans ses pensées. Quand il fut passé, elle décida qu'elle ferait mieux de ne plus penser à rien jusqu'à ce qu'elle aille mieux, et qu'une petit sieste ne lui ferait pas de mal.